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Le songe d’une nuit d’été

DESCRIPTION DU PROJET

de Williams Shakespeare

PROJET FICTIF

2021-2022 – ENSATT

Intention scénographique

L’espace scénique s’inspire du dispositif du théâtre Elisabéthain qui détermine une dynamique de circulation et son système. Son mouvement circulaire permet des entrées/sorties de type théâtral classique déployant en arrière-plan, en sous terrain, un monde à part qui est celui de la forêt. La conception de cette coursive est cachée par des rideaux sur un système de patiences faite en deux pans de cerces. Cet espace de la forêt est donc doublé pour lui donner de la profondeur mais aussi pour que les personnages de la forêt puissent évoluer en parallèle. L’idée est de percevoir deux mondes en miroir et de créer une certaine porosité avec la réalité de l’intrigue. La coursive est une sorte de faille spatio-temporelle qui est utilisée pour le songe, on peut y entrer et sortir ou l’on veut tout autour. Elle est une auréole avant d’entrer dans l’arène et sur la piste du palais d’Athènes. Le mouvement est concentrique vers le milieu du cirque du réel.

Dans cette forêt se trouve les points de rencontre des aristocrates dans une clairière, des comédiens-artisans préparant une pièce de théâtre comme divertissement et surtout des esprits invisibles au clair de lune. Graphique et épurée par des laies suspendues qui se jouent d’opacité et de transparence, elle peut apparaître dans un simple appareil filaire selon la lumière.

J’ai choisi de faire cohabiter les deux mondes autour d’un sol lunaire qui signe la temporalité. L’élément est réflecteur des états d’âme où l’ordre et le désordre vont se confondre. Le tissu lunaire se froisse au fur et à mesure des émotions non contrôlées et des lois d’Athènes immuables remises alors en cause. La lune est aussi le symbole plutôt de type féminin et soutient l’idée des puissances féminines qui s’y dévoilent tandis que les personnages masculins sont des prétextes à leur émois. Ces mouvements lunaires sont comme le passage du temps, une traversé où l’on ne saura plus si c’est réel. Ils laissent les traces du songe par les déplacements dans le jeu et les égarements dans la forêt afin de mieux perdre le spectateur.

La scénographie rappelle le lit en baldaquin. Ce lit antique qui servait à des rituels du mariage, cérémonie la plus importante chez les Grecs anciens (selon la source : Le mariage chez les grecs anciens par V.Magnien, 1936). Elle s’accomplit dans le thalamos (dans la chambre à coucher et dans la nuit après le repas avec un cortège nuptial aux flambeaux). Nous sommes dans le lieu du mariage, la maison d’habitation en général, c’est à dire dans la maison nouvelle où entre la nymphée et le nymphios (la mariée, le marié). Les poètes et les orateurs quand ils louent un mariage, ils louent le talamos et tout ce qu’il referme. Il contient le lit nuptial et la pastade ou pastos (dais, baldaquin qui entoure le lit, ce qui prend de tous côtés, ou une voûte en bois de cèdre (chez Euripide) à la couleur du crocos ou du safran). Des étoffes variées et ornements (souvent des couronnes de roses) sont versés sur le baldaquin. On offre aux dieux à côté du lit des sortes de marchepieds avec inscriptions attiques. Le mariage est donc célébré comme un mystère. Il peut y avoir aussi un deuxième lit pour le marié dans le rituel. Titania, reine des fées possède aussi son thalamos en regard qui est le royaume de la forêt.

En milieu centre au niveau du pan lointain, se situe la loge des musiciens à l’étage et l’entrée du palais en rez de plateau. Cet échafaudage en bois bâtit et drapé de rideaux de scène montre un théâtre précaire où l’illusion et le rêve se donnent aussi en représentation.

Le monde réel et le rêve s’articulent comme par magie avec la possibilité de jouer en hauteur. D’une part, depuis cette loge accrochée de part et d’autre à la forêt. Le monde invisible peut ainsi regarder, observer le théâtre humain et en être le spectateur. Un mobilier (pouf géant) pourra avoir une fonction réaliste à l’Acte I, pour la scène de théâtre pour les artisans Acte III scène 1 et deviendra le lit de Titania à l’Acte II, scène 2.

Enfin, une troisième dimension pourrait exister si ce lieu circulaire s’agrandit vers l’infini d’un ciel étoilé comme environnement. Un théâtre interstellaire ou une capsule spatiale intemporelle dans laquelle la nuit règne jusqu’à l’aube naissant à la fin de la pièce.

MAQUETTE DESSINNEE
PRE-MAQUETTE

DESCRIPTIF TECHNIQUE

PLANS TECHNIQUES