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Le Souvenir

DESCRIPTION DU PROJET

Textes lus en calligramme avec photos, sur le thème du souvenir et mis en terre.

POESIE SONORE ET VISUELLE

2008 – Université Stendhal Grenoble III (38)

« Au bout des ramifications, en connections ainsi faites, faisons une immersion dans le souvenir.

Avec le recul et la vision globale, il est bien enfoui. Images en vrac, on sélectionne.
L’imagination de l’enfance retient les faits réels tels qu’ils sont quelque part. Aussi loin et proche de nous, le passé s’enjolive de notre histoire comme un conte.

Les informations sont stockées. Seule la transmission par l’écrit garantirait une mémoire qui ne s’altère pas avec le temps.  Et cependant, l’insolite s’imprime dans mon esprit frappé par son caractère étrange et pénétrant. Voilà, enfin.

Je me souviens de cette maison au cours d’un voyage réel et je m’y approche. Le givre a figé la toile d’araignée comme la mémoire qui a fixé cet instant de confrontation avec la nature. Il en reste une crainte lointaine.

Le souvenir se compose à la fois d’images, d’odeurs, de rythmes, de saveurs, de touchers, de situations, de chaleurs, d’émotions, de sons, de mélodies, de sensations, de sentiments.
Quelle étrange vision qui ne manifeste au fond que l’expression de sa sensibilité.

Cette exploration m’amène sur un détail insignifiant mais compréhensible et reconnaissable que de moi-même. Ainsi le souvenir serait-il si difficilement partageable en fin de compte ?  Car il demeure intime tant il reflète l’affection qu’on lui porte.
Je me rappelle de bibelots, de meubles et de tentures qui ornaient la maison. L’attirance naturelle pour certaines formes et couleurs ou motifs remonte depuis ces premières impressions de mon enfance à errer dans les coins et les recoins. De ces vues embryonnaires existantes de façon floues fussent-elles à peine perceptibles dans ma conscience.

L’objet immobile, traversant les années, témoigne d’un passé comme un repère constant. Il authentifie ce qui a vraiment existé. Je ressens cet écoulement du temps en le voyant.
Revenant sur ce lieu d’enfance, je redécouvre avec étonnement que cette maison porte un nom. 
Je l’avais oublié.

Elle s’appelle LE PARADIS.

Qu’il est un lieu où le souvenir reste, jusqu’à ce qu’il soit emporté. »

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